La maltraitance : définitions

Que signifie « maltraitance » ? 

La maltraitance recouvre des réalités différentes et ses frontières demeurent imprécises.

Le conseil de l’Europe, en 1990, la définit ainsi :« Tout acte ou omission commis dans le cadre de la famille par un de ses membres, lequel porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique, ou à la liberté d’un autre membre de la famille ou qui compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière ».

Il est principalement question d’éthique personnelle. Actuellement, pour ce qui est des personnes âgées on qualifie de maltraitance à la fois des faits graves (violences, extorsions) et la non application de « bonnes pratiques » de soins reconnues toutes relatives à la liberté et à la dignité de la personne. La référence à ces valeurs morales est le meilleur rempart à la maltraitance.

Quelles formes de maltraitance a-t-on observé ?

Selon ALMA France (Allo Ecoute Maltraitance), aux violences physiques et psychiques, s’ajoutent les négligences :

  • actives : privation d’aide aux besoins essentiels de la vie quotidienne (manger, s’habiller, se lever, aller aux toilettes, recevoir des visites…)
  • passives : maltraitance par omission (oubli, abandon…)

L’observation permet de répartir la maltraitance à domicile (D) et en établissement (E), ainsi :

  • violences psychologiques : menaces de rejet, de rétorsion, insultes (D:22%;E:15%) ;
  • violences financières : vol, extorsion de fonds, signatures forcées, héritage anticipé (D:18%;E: 7%) ;
  • violences physiques : contusion, coups, gifles, brûlures (D:14%;E:11,5%) ;
  • violences civiques : privation des droits du citoyen (D:4%;E:5% ) ;
  • violences médicamenteuses : abus de neuroleptiques, privation des médicaments nécessaires (D :0,5%;E :3%) ;
  • négligences actives et passives (D :10%;E:40%)
  • autres : (D:31,5%;E :18,5%)
Qui maltraite ? 

Selon ALMA, 71% des auteurs d’actes de maltraitance sont les membres de la famille.

En établissement, près de 70% des cas sont le fait d’individus isolés. Dysfonctionnements dans l’organisation et manque de personnel seraient à l’origine de « dérapages ». Pour prévenir la malveillance institutionnelle, il convient à l’évidence de travailler sur ces facteurs.

A savoir :

Chacun est potentiellement maltraitant. Une grande vigilance s’impose.
Fatigue de l’aidant,  problèmes personnels, comportement « énervant » de la personne aidée contribuent, à domicile comme en structure d’accueil, à des comportements déviants.

Groupes de paroles et échanges avec les professionnels, écoutants (ALMA) et autres aidants, sont indispensables pour se préserver de tout acte de maltraitance.