La maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer a été découverte par le neurologue allemand Aloïs Alzheimer en 1906. Contrairement à des idées reçues, ce n’est pas une conséquence normale de la vieillesse, mais bien une maladie. Selon le Rapport Galliez sur la maladie d’Alzheimer, 850 000 Français étaient touchés en 2011, soit environ 5% de la population âgée de plus de 65 ans. Avec 225 000 nouveaux cas par an, 1,3 millions de Français pourraient être atteints en 2020. Au total, ce sont environ 26 millions de malades dans le monde.

Comment évolue la maladie ?

La maladie d’Alzheimer est une maladie dégénérative qui touche avant tout le cerveau. Son apparition provoque la dégradation progressive et irréversible des fonctions intellectuelles telles que la mémoire, le langage et les repères spatio-temporels.

Globalement, les phases de la maladie sont les suivantes :

  • Des lésions cérébrales apparaissent peu à peu, parfois sans provoquer de symptômes avant 10 ou 15 ans.
  • Des troubles de la mémoire, du langage et du comportement commencent à se faire sentir, pendant une phase appelée « prédémentielle ».
  • Les troubles s’intensifient et s’accompagnent éventuellement d’autres difficultés (déambulation, altération du jugement, incontinence…), pendant la phase appelée « dementielle ».
Quels sont les signes révélateurs ?

Les signes révélateurs de la maladie d’Alzheimer peuvent se confondre avec des affections liées de manière générale à la vieillesse : dépression, troubles cardiaques, infections, dysfonctionnements de la thyroïde, etc. De plus, les symptômes de la maladie d’Alzheimer prennent des formes différentes d’une personne à l’autre. C’est pourquoi il est primordial de consulter un médecin en cas de doute. Les signes suivants pourront vous alerter :

  • Pertes de mémoire
  • Difficultés à effectuer les tâches quotidiennes (préparer un repas, lire, écrire, mâcher, avaler…)
  • Difficultés à communiquer (oubli de mots faciles et substitution par d’autres mots, ce qui rend le langage incompréhensible sans que la personne en soit toujours consciente)
  • Désorientation dans le temps (années, saisons, jour, heure) et l’espace (parfois même dans son propre logement).
  • Altération du jugement, ce qui peut mener une personne à porter des vêtements légers en plein hiver, ou placer un objet au mauvais endroit.
  • Altération du comportement
  • Sautes d’humeur
  • Perte d’intérêt, voire dépression
  • Persévération (le fait de répéter sans cesse les mêmes phrases ou gestes)
  • Déambulation (le fait de marcher sans cesse, voire de se perdre ou s’enfuir du domicile).
Les examens

Le jour de l’évaluation, il est bon de se préparer. Pensez à rassembler toutes les informations nécessaires concernant l’état de votre aîné, et répertoriez les questions que vous pourriez avoir.

Il n’existe pas de test unique pour dépister la maladie d’Alzheimer, c’est en croisant les données de plusieurs tests que l’on peut la détecter. Chaque test délimite ainsi les autres maladies possibles pour enfin mener à ce qu’on appelle un « diagnostic différentiel ».

  • La consultation neurologique : le neurologue recherchera les troubles oculaires, de la marche, de l’équilibre, les troubles atypiques neurologiques, le syndrome parkinsonien, et d’autres signes encore.
  • Le bilan neuropsychologique ou test de mémoire : le neuropsychologue procèdera par questions ou observation de tâches simples pour évaluer la sévérité de l’affection.
  • La neuro-imagerie : le médecin pourra prescrire un scanner, un IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) ou encore un TEP (Tomographie par Emission de Positions – permet d’observer comment le sang circule dans le cerveau) pour avoir une image des troubles neurologiques existants.
  • Les marqueurs biologiques (des caractéristiques biologiques que présentent un cerveau atteint de la maladie d’Alzheimer) seront analysés ainsi qu’un bilan biologique.
Le diagnostic

Si le diagnostic est positif, il va falloir vous organiser pour vivre désormais avec cette maladie.

  • Informez-vous sur la maladie, son évolution, ses traitements et ses conséquences sur l’autonomie du malade.
  • Renseignez-vous sur les aides proposées par le gouvernement.
  • Reposez-vous sur le médecin traitant non seulement pour les questions de santé, mais aussi pour l’organisation du maintien à domicile, si c’est ce que vous souhaitez (comme 80% des malades d’Alzheimer ou maladies apparentées âgés de plus de 80 ans).
  • Concentrez-vous sur les capacités conservées par le malade, plutôt que ses déficiences.
  • Discutez avec votre proche de l’accompagnement dont il souhaite bénéficier pour chaque stade de la maladie.
  • Prêtez attention à maintenir en toutes circonstances la sécurité et la dignité du malade.
  • Autant que possible, faites en sorte de maintenir les activités sociales de votre aîné.
  • Répartissez les tâches entre les différents membres de la famille et le professionnels.
  • Ménagez vos propres émotions et votre emploi du temps !
Les traitements disponibles

Il n’existe pas à ce jour de traitement curatif, mais uniquement des traitements qui aident à alléger les symptômes. Après des années de recherche, ils sont aujourd’hui plutôt bien tolérés mais ne sont pas systématiquement efficaces chez tous les patients.

La première approche médicamentause consiste à limiter la destruction du neuromédiateur appelé « acétylcholine », ce qui améliore la communication entre les cellules nerveuses et de ce fait, ralentit la perte de mémoire. Les molécules les plus connues sont le donepezil, la galantamine et la rivastigmine.

La seconde approche consiste à limiter la fixation d’une substance, le glutamate, sur les récepteurs appelés « NMDA » (N-méthyl-D-aspartate), qui sont essentiels pour le bon fonctionnement du système nerveux. La molécule la plus connue est la mémantine. Elle est en général prescrite aux patients atteints d’une forme modérée à sévère de la maladie d’Alzheimer.

Enfin, de nombreux médicaments peuvent être prescrits pour atténuer les effets secondaires de la maladie d’Alzheimer (antidépresseurs, anxiolytiques, tranquillisants, neuroleptiques…) ainsi que des consultations paramédicales (psychologie, orthophonie, ergothérapie…) et des exercices à faire à la maison (jeux de mémoire, activités manuelles, lecture…).

La recherche médicale

La plupart des perspectives de traitement reposent sur la prévention. Il existerait en effet des substances qui limiteraient le risque de maladie d’Alzheimer chez les personnes âgées.

  • Les traitements antihypertenseurs, qui réduisent l’hypertension artérielle
  • Les anti-inflammatoires
  • Les acides gras tels que les oméga-3
  • Les antioxidants
  • Les oestrogènes
  • Certaines vitamines (A, C, E, K)
  • Les nootropiques
  • Les médicaments contre la maladie de Parkinson.

Des études montrent également qu’il existe des facteurs de risque, comme le diabète, l’obésité ou le cholestérol.