Apprendre à communiquer avec un malade d’Alzheimer

Un malade d’Alzheimer perd peu à peu ses capacités à communiquer, de la difficulté à trouver ses mots jusqu’à l’aphasie. C’est un nouveau défi pour son entourage, mais cela ne signifie pas la fin de tout échange. En effet, si le malade peine à s’exprimer verbalement, les études montrent qu’il est toujours capable de comprendre et de produire du sens.

Lorsque les mots manquent, il reste le langage du corps et celui du cœur.

Place à la communication non verbale

Au-delà des mots, le malade et vous allez développer une autre forme d’échange, autant par la voix que par le corps. Vous découvrirez alors la richesse de ces échanges et apprécierez de pouvoir ainsi rester en relation avec votre proche.

Ce langage passe par les gestes, les manifestations de tendresse, les regards, les expressions du visage, mais aussi le ton de la voix. Il faut apprendre à décoder ces messages de la part de votre parent, et les utiliser pour vous faire comprendre.

Ainsi, les mimiques, cris ou rires du malade ont toujours une signification. Il faut tout observer pour décrypter ses besoins. De même, apprenez à contrôler les signes que vous renvoyez. Par exemple, si vous prétendez que vous aidez votre proche avec plaisir, mais que le ton de votre voix révèle de l’agacement, votre proche percevra une dissonance, ce qu’il peut l’attrister voire le mettre en colère. Au contraire, il suffit parfois de lui parler avec un ton rassurant, ou de lui tenir la main, pour que votre aîné se sente en confiance.

Par ailleurs, sachez que les activités artistiques peuvent entretenir les capacités d’expression du malade d’Alzheimer. Jouer d’un instrument de musique, participer à une chorale, prendre des cours de dessin ou d’autres activités manuelles lui feront le plus grand bien.

La communication écrite est également bénéfique au début de la maladie, lorsque la personne a du mal à s’exprimer à l’oral mais garde un langage cohérent à l’écrit.

Quelques exemples concrets
  • Choisissez le bon moment pour communiquer avec votre proche : lorsqu’il est reposé et qu’aucun souci ne le préoccupe.
  • Respecter ses capacités, son rythme.
  • Se placer de face pour capter son regard et son attention. Parler, lentement, clairement et si besoin, répétez, reformulez.
  • Utilisez un langage simple, en mettant l’accent sur les mots-clés.
  • Délivrez un seul message à la fois, accompagné d’un geste évoquant ce que vous voulez dire.
  • Montrez par des gestes à votre proche que vous le reconnaissez et l’aimez toujours malgré la maladie.
  • Utilisez un maximum des questions fermées auxquelles il est possible de répondre par « oui », « non », «peut-être », « je ne sais pas ».
  • Échangez par écrit. En général les malades peuvent continuer à écrire plus longtemps.
  • Expliquez une chose à la fois. « Maintenant, on va faire ta toilette », « On va dans la salle de bain » , « Je vais t’aider à te laver les jambes ».
  • Et surtout, faites preuve de patience !

Ce qu’il ne faut pas faire :

  • Le malade est sensible aux dissonances. Si il renverse un verre et que vous lui dites « C’est pas grave, je vais le ramasser » sur un ton rapide et sec, il percevra l’énervement et se montrera contrarié.
  • Perdre son calme, montrer un agacement face  à un de ses oublis  peut être douloureux pour lui.